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lundi, 13-Jui-2011

Jorge Semprun

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.L’écrivain espagnol Jorge Semprun est mort hier, mardi 7 juin 2011, à son domicile parisien. Né le 10 décembre 1923 dans la ville de Madrid, il est décédé chez lui en région parisienne à l'âge de 87 ans.

Ce fils d'une famille espagnole aisée - père avocat, qui fut tour à tour avocat, gouverneur puis diplomate, Semprun aura eu l'occasion de faire ses études en France, après que la famille se soit décidée à fuir la guerre civile qui éclate en Espagne. Elève à la Sorbonne, il va adhérer rapidement au parti communiste, après être entré dans la résistance, en 1942.

En septembre 43, la Gestapo l'arrête. Le départ pour Buchenwald.

À la libération, en avril 45, il affirme préférer « l'amnésie délibérée pour survivre » ; lourd silence qu'il ne décidera de rompre qu'avec le livre Le grand voyage, en 1963. Mais l'année suivante, il est exclu du parti communiste, pour déviationnisme.

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Ce sera l'entrée définitive en littérature, et devant l'impossibilité dune action politique, celle qui relève de la plus pure création, estimait-il, il plongera dans la poésie. En 1969, il publie un nouveau roman, La deuxième mort de Ramon Mercader, qui obtiendra le prix Femina. Et cette même année, il travaille comme dialoguiste et adaptateur pour les films Z, puis L'aveu, l'année suivante. Il est alors proche de Montand ou de Costa-Gavras, qui, sur i-Télé, a déclaré hier : « Je garde le souvenir d'un homme d'une grande humanité, d'un grand talent d'écrivain, et d'une connaissance de la politique parfaite. Il était d'une grande simplicité. »

De retour en Espagne, en 1988, il deviendra ministre de la Culture, pour le gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez, mais quittera ses fonctions trois ans plus tard.

En 1996, il est élu parmi les membres de l'Académie Goncourt.

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Il a écrit de nombreux romans autobiographiques dont :


«La deuxième mort de Ramon Mercader» qui reçut le Prix Femina,
«Autobiographie de Federico Sanchez» (1976), «Montand la vie continue» (1983)


Son dernier livre : «Une tombe au creux des nuages». essai sur l'Europe d'hier et d'aujourd'hui,  sortira en Poche en octobre.


Au cinéma, on lui doit :
La guerre est finie,  Stavisky (Alain Resnais), Z, L'aveu, Section spéciale (Costa-Gavras), Les routes du sud (Joseph Losey), Netchaiev est de retour (Jacques Deray).

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Martine Aubry fut l'une des premières politiques en France à réagir à cette nouvelle. « Pour tous ses lecteurs, il restera l'inoubliable peintre de la nudité métaphysique de l'homme, comme il aimait à la désigner. » Et d'ajouter, citée par l'AFP : « Jorge Semprun avait mis son génie d'écrivain au service de la description de l'horreur de la déportation. Plus que des livres, ses textes portent le témoignage ardent de la souffrance et la clameur muette de tous ceux qui ne sont pas rentrés. »

La majorité de son oeuvre - une trentaine d'ouvrages - aura été rédigée en français. Et pour l'anecdote, ayant conservé la nationalité espagnole, Semprun n'aura jamais pu être élu à l'Académie française.

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Quand Jorge Semprun est mort, Jean-François Copé s'est dit « ému ». Peu après, lors du bureau politique de l'UMP, il a estimé qu'il était « hors de question de revenir sur la binationalité ». Les deux nouvelles n'ont aucun lien, si ce n'est leur étonnante concordance de date. L'ironie est celle-ci : Jorge Semprun, prix Femina en 1969 pour La Deuxième Mort de Ramòn Mercader, est peut-être un exemple involontaire de ce débat sur la double nationalité. 
Académie française

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Mercredi matin, la grande majorité des médias saluent Jorge Semprun, « l'écrivain franco-espagnol ». Grande figure de la résistance à Franco, l'auteur a émigré en France en 1939.

Son amour de l'Hexagone s'illustrera au-delà de son engagement dans la résistance : la grande majorité des œuvres de Semprun sont écrites en français. Lui qui s'enthousiasmait des auteurs historiques français, citant Rimbaud, Gide, Baudelaire, lui, le fils espagnol, aura donc participé à sa manière à l'éclat artistique de la France.

Mais son amour ne lui fut pas forcément rendu à l'identique. En 1996, il est élu à l'académie Goncourt, maigre consolation pour un homme privé de l'Académie française parce qu'il avait conservé sa nationalité espagnole. 


Concordance des faits, simple parallèle établi par choix de raccourci... La double nationalité occupe les esprits même si le secrétaire national du parti majoritaire ne souhaite pas la supprimer. Ce ne sont que des mots. Les écrits restent. Aussi Jean-François Copé adressera-t-il une lettre en ce sens au 577 députés. Une missive en français, évidemment.


Madame Edmonde Charles Roux,Veuve de Gaston Defferre, sa collègue et amie de Goncourt a eut les plus mots les plus sensibles et à son égard.

La portée n'en est que plus belle, merci Madame.

 

José Scandella